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Actu Saint-Martin : Enfin la réouverture de la frontière entre les 2 parties de l’Ile

Covid19 : une fermeture des frontières sur l’île incompréhensible et inefficace

2020 09 16 la Frontiere

La libre circulation des personnes et des biens enfin rétablie sur l’île de Saint-Martin

Retour sur un blocage décidée par la sous préfecture de Saint-Martin entre la partie française et hollandaise de l’île.

Depuis le 31 juillet : les accès au territoire de Saint-Martin sont contrôlés, seules les personnes ayant un motif professionnel ou médical pourront traverser la frontière terrestre.

Le 1er Septembre : Daniel Gibbs (président de la COM) demande une date de réouverture des frontières.

Le 15 Septembre : Daniel Gibbs communique la veille de la manifestation

Portrait-du-President-Message-Noel-2018 (photo d’illustration)

Saint Martin doit pouvoir retrouver sa vie sans frontières!

« Depuis que le Traité de 1648 existe, les Saint-Martinois vivent sur un territoire binational aux frontières symboliques, forts du précepte d’unité qui leur est cher : One Island – One People – One Destiny !

Pour la première fois en 372 ans, des frontières physiques se sont matérialisées entre le nord et le sud à cause du virus Covid19.

Le contrôle aux frontières est survenu pour la première fois dans le cadre d’un accord entre le gouvernement de Sint Maarten et la représentation locale de l’Etat, au moment spécifique du confinement conjoint au mois d’avril 2020. Il a été ensuite repris par la France seule, au mois d’août lors de la reprise de l’épidémie et de l’ouverture de Sint-Maarten au tourisme américain.

La décision de l’Etat de poursuivre ces restrictions de circulation tout au long du mois de septembre, sur recommandations de l’Agence Régionale de Santé, entraîne une forte incompréhension du peuple saint-martinois, incompréhension que je partage pleinement.

En effet, depuis 1 mois et demi, les indicateurs démontrent que les contrôles aux frontières n’ont pas permis d’enrayer la circulation du virus.

L’argument de départ, compris par beaucoup, consistant à vouloir établir un barrage de protection de la partie française contre le Covid-19 ne tient plus aujourd’hui.

Bien au contraire, ces contrôles ont causé des difficultés majeures à nos entreprises et accentué un malaise social qu’il faut prendre en considération sous tous ses aspects.

Après de multiples appels et mises en garde auprès de la préfecture, de l’ARS et des ministères, la requête de Saint-Martin n’a pas abouti.

J’ai décidé de continuer sans relâche à porter la voix de Saint-Martin et à soutenir la position des Saint-Martinois en conjurant l’Etat de rétablir la libre circulation des biens et des personnes entre les deux parties de l’île. Il en va de la survie de Saint-Martin.

La décision de maintenir ces contrôles au lieu de privilégier la coopération entre les Etats et une gestion sanitaire à l’échelle de l’île, est une erreur. Elle ne respecte pas les valeurs intrinsèques de Saint-Martin et le mode de vie des Saint-Martinois. Elle ne reconnait pas non plus l’aptitude des Saint-Martinois à prendre la mesure de cette pandémie et à observer un comportement adapté et les gestes barrières recommandés dans l’espace public.

La manifestation annoncée demain aurait pu, une fois encore, être évitée. Si notre appel avait été pris en considération, notre île ne serait pas à nouveau en proie à des tensions inutiles. J’espère seulement que ce ne sera pas un « PPRN bis repetita »

La situation sanitaire reste préoccupante et doit appeler toute notre responsabilité. Cette responsabilité doit s’instaurer entre les deux parties de l’île et leurs Etats respectifs par le biais d’un véritable plan de coopération sanitaire. Cette coopération est possible si chacun y met du sien ! La survie économique en dépend. La cohésion sociale aussi.

En tant qu’élus, le retour à une situation sanitaire favorable sur l’ensemble de l’île, tout comme le maintien de la paix sociale, demeurent notre priorité absolue.

Nous mettrons donc tout en œuvre pour favoriser ce plan d’action sanitaire conjoint à la dimension du territoire tout entier.

J’ai demandé à l’Etat qu’une intervention diplomatique soit diligentée pour accompagner cette coopération sanitaire entre nos agences de santé.

J’ai échangé, ce jour, avec le ministre des outre-mer Sébastien Lecornu, il a écouté ma demande. J’attends en retour sa position et ses propositions.

Dans un même élan, je rencontrerai la Première ministre de Sint Maarten, jeudi 17 septembre, pour lui proposer la même démarche.

Je suis convaincu que c’est dans le dialogue et la concertation que nous trouverons conjointement une issue favorable à cette nouvelle épreuve ».

2020 09 16 la Frontière

Le 16 Septembre : une manifestation importante et conjointe des deux cotés de l’île se déroule dans le calme vers le point de contrôle tenue par la gendarmerie française.

Suite à ce mouvement : communiqué de  la préfecture pour lever les contrôles :

Levée des contrôles aux frontières à Bellevue et Quartier d’Orléans

La Préfecture et l’ARS ont répondu à la demande d’audience des organisateurs de la manifestation de ce jour.

L’ARS a dressé un bilan des difficultés sanitaires actuelles de Saint-Martin, nombre de cas, indicateurs inquiétants notamment au niveau de la capacité hospitalière quasi saturée (18 lits occupés sur 23 en unité covid et un décès supplémentaire hier à l’hôpital Louis Constant Fleming et 100 % de taux d’occupation en réanimation au CHU de Guadeloupe).

Les membres du Collectif n’ont pas entendu ces arguments mais se sont engagés à contribuer à la mise en place d’éducation populaire sanitaire dans les quartiers (port du masque, rassemblement de personnes, distanciation sociale…).

S’il est avéré que la régulation des flux de population entre les deux parties de l’île a contribué à réduire sensiblement la circulation du virus, les risques de troubles à l’ordre public dans une période de crise de sanitaire ne sont pas acceptables ni pour la population, ni pour les forces de l’ordre fortement sollicitées depuis des mois.

En conséquence, et comme cela avait été annoncé en conférence de presse lundi, la Préfecture de Guadeloupe étudie la limitation des flux aériens vers Grand Case qui devrait intervenir dans les prochains jours (diminution du nombre de vols et conditionnement des déplacements à des motifs impérieux).

Au regard des risques de troubles à l’ordre public, la Préfecture décide de la levée des contrôles aux frontières. Le retrait des containers à Terres Basses et Baie aux huîtres sera réalisé demain.

Le risque sanitaire n’en demeure pas moins présent sur les deux parties de l’île et la Préfecture invite chacun au respect des mesures barrières pour éviter une propagation.

Daniel Gibbs se félicite de cette décision :

«Après plusieurs semaines de discussions avec la préfecture et l’ARS, – notamment pour anticiper la problématique scolaire posée par les contrôles-;

…Après avoir protesté contre le maintien de ces contrôles et opposé un ensemble d’arguments légitimes et de propositions de solutions auprès des plus hautes autorités de l’Etat, attestant de la nécessité socio-économique urgente de rouvrir la circulation entre le nord et le sud de l’île;

…Après que la population est descendue dans la rue pour appuyer la contestation de ces restrictions et faire entendre sa voix, avec le soutien des élus des deux parties de l’île ;

Nous ne pouvons que nous féliciter, collectivement, que cette unité aboutisse à la fin des contrôles aux frontières et au retour à la libre circulation entre le nord et le sud. C’est un soulagement pour nous tous.

Pour autant, la victoire contre le Covid-19 est loin d’être gagnée et il est de la responsabilité de chacun d’agir individuellement et collectivement, en respectant les mesures barrières.

Néanmoins, si cette responsabilité nous incombe à chacun, la sensibilisation, la communication et le contrôle en matière sanitaire demeurent un devoir des services de l’Etat, qui en ont la compétence et les moyens humains et financiers. Je ne saurais laisser reposer les responsabilités de cette mission sur les seuls citoyens, même si chacun peut se positionner en acteur de la lutte contre cette épidémie.

Malgré la satisfaction pour le peuple saint-martinois d’avoir obtenu gain de cause, nous ne pouvons que nous interroger à nouveau sur la manière dont les services de l’Etat considèrent aujourd’hui les élus locaux de la République, et singulièrement ceux des outre-mer.

Notre devoir d’élus consiste à alerter et conseiller la représentation locale de l’Etat et les ministères sur la nécessité de reconnaître nos spécificités et d’agir pour lutter contre la propagation du Covid19; Ce que nous nous attachons à faire avec un engagement sans faille, en étant en plus force de proposition.

Nous attendons de ces mêmes services un respect de la représentation politique locale qui a vocation à protéger les citoyens et empêcher des manifestations de mécontentement qui ne devraient pas avoir lieu.

Selon les déclarations de madame la préfète, la décision de libérer les frontières aurait été prise en réponse à la menace de troubles à l’ordre public exprimée par les membres d’une association.

Quel manque de considération envers la mobilisation et l’engagement de la classe politique locale! Quelle réduction pour Saint-Martin et sa population.

Mais notre priorité aujourd’hui est de faire entendre nos argumentset d’instaurer un protocole sanitaire à l’échelle de l’île pour protéger les Saint-Martinois. Aujourd’hui, je me rendrai à Sint-Maarten avec mes vice-présidents, à l’invitation de la Première Ministre Sylvéria Jacobs, pour discuter des possibilités d’actions conjointes. La Préfète a été conviée, à ma demande.

Comme je le martèle depuis plusieurs mois, c’est à l’échelle de cette petite île qu’il faut agir pour combattre durablement ce virus, et nous mettrons toute notre énergie pour que des dispositifs tel que le Centre de dépistage et de surveillance conjoint Saint-Martin/Sint Maarten, voient rapidement le jour ».

 © COM

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Actu Saint-Martin : Le Président de la COM interpelle suite aux contrôles de la frontière